Omar Belkadi : Rif d’aujourd’hui.. Témoignage-Mémoire-Réconciliation 1956-2017

الأستاذ عمر بلقاضي

الأستاذ عمر بلقاضي

Ce témoignage est sous forme d’un récit d’une période récente du Maroc, il peut comporter des erreurs techniques. Je voulais le présenter en trois parties, deux récits comme ils ont étés racontés par mes parents et une troisième partie d’une spontanéité et réflexions personnelle. Je ne vise  pas des compliments ni de la reconnaissance, Je présente mes excuses a ceux qui se sentiront visés et qui auront du mal à accepter ce témoignage. C’est une contribution à la recherche des défaillances de notre vécu quotidien et de notre système juridique, sécuritaire et médiatique depuis 60 ans.

Récit de Mon Père Mohamed Omar El Kadi (Belkadi Mohamed)

Durant plusieurs décennies, lorsque mon père Lmoujahid Belkadi Mohamed compagnon de Mohamed Abdelkrim AlKattabi ( auteur du Livre: le Lyon du Rif) était encore vivant, nous  racontait avec détails son enlèvement  en 1956 en plein Souk D’Imzouren et en pleine journée, il nous avait détaillé  tout  ce qui s’est passé, quand et comment son enlèvement a été planifié par  les brigades de la police ( Jaïch ta7rir) venues de l’extérieur et assistées de  quelques uns  de  Makhzen local.

Avant qu’il soit enlevé,  mon père avait passé quelques mois à Bouzineb ( TIZI Ousli), il combattait toujours contre l’occupant encore présent dans une grande partie du Rif, il défendait l’intégrité de tout le Maroc sans distinction, le nord, le centre et le sud, il combattait pour une  vraie indépendance refusant l’offre qui a été donnée au Jaïch ta7rir et aux Watanyines de l’époque,

IL restait quelques mois dans la montagne du Rif pour combattre  les occupants, il avait pour mission le recrutement et l’organisation logistique,  il avait  laissé ma mère enceinte d’une fille. A son retour il avait vu sa famille  grandir.  Il ne retournait plus dans la montagne car les wataniyines et le Jaich te7rir ont tous accepté cette partielle indépendance et par conséquent les moudjahidines se retrouvaient alors isolés et ne pouvaient continuer leur résistance seule  contre l’occupant. Mon père commençait alors à organiser autrement sa vie, Il ouvrait une boutique de la couture pour faire vivre sa famille, Il rompait ses relations avec beaucoup de gens adhérés au parti de l’Istiqlal, il ne  faisait plus confiance aux politiciens de l’époque et surtout le Parti de l’Istiqlal  qui a abandonné la lutte armée mais sans que la libération d’autres coins du Maroc soient achevées,  il ne faisait plus confiance à ces gens car un acharnement et une propagande anti Moulay Mouhend, anti RIF commençait a être propagés par tous, dans la presse, par la radio,  au sein des leaders politiques, par les intellectuels , il n’y avait que des contre vérité contre Mohamed Abdelkrim Al Kattabi et contre le rif et donc une action voulu pour marginaliser et punir le Rif.

«Tout les soirs, Les tortionnaires venaient  embarquer  quelques uns parmi nous et à tour de rôle, les torturaient, nous entendions tous les cris et la souffrance des uns et des autres, nous insultaient»

Mon père nous disait que quelques mois après son retour des combats, un samedi  du printemps 1956 au marché d’Imzourène,  était en discussion avec le Nommé Haddou Oukchiche  qui venait d’arriver d’Egypte depuis une semaine ou il  poursuivait ses études.  Il lui  transmettait une lettre dans ses propres mains en lui signalant qu’il s’agissait d’un courrier personnel de la part de Mohamed  Abdelkrim Alkattabi.  

محمد عمر القاضي

محمد عمر القاضي

Mon père a pris la lettre et continuait alors  ses courses lorsque tout à coup  deux individus se rapprochaient  en lui signalant que M Bou3nan « un nommé  Abdelkader Bou3nan très gradé du Makhzen  (gouverneur local) à  Nador le demandait, ce responsable connaissait bien mon père,  il avait rapproché  mon père depuis quelques années, connaissait toute la famille, il voulait même un jours se marier avec une tente », cet homme (Bou3nan)  avait envoyé deux agents (deux milices) pour kidnapper mon père. Les deux milices  se sont rapprochées donc de mon père  lui  demandant de le suivre car si Abdelkader Bou3nan  l’attendait à Bayenti région toute proche d’Anoual pour une affaire personnelle.  Sorti du marché, accompagné des deux personnes, arrivé près d’une Jeep, deux autres  hommes inconnus sont descendus d’un véhicule et lui demandaient de monter dans le véhicule pour une courte durée et ils allaient le faire revenir dans quelques instants. Le véhicule  partait précipitamment vers une  destination inconnue. Il nous avait raconté que dans la même journée Haddou Oukchiche était aussi arrêté chez lui, quelqu’un l’avait dénoncé.   

Mon père laissait une deuxième fois ma mère enceinte d’un quatrième  enfant.  Il ne revenait qu’après quelques mois, épuisé, maigri, vieilli, mais content de retrouver sa famille, fière d’avoir été libéré sans renoncer à ces convictions, un combattant et un soldat de Moulay Mouhend, et qu’il était prêt à le refaire encore si l’occupant  ne libère pas complètement le Maroc et si Moulay Mouhend lui demandait de le faire. Il n’avait  jamais pensé qu’il allait être puni alors qu’il défendait  la liberté,  défendait  la patrie et  défendait la vraie indépendance, il était trahi par le parti de l’Istiqlal, les Watanyines de Rabat, le Geaich Ta7rir et les Marocains de Rabat comme il disait. IL était trahi par des gens qui partageaient  hier la même cause et qu’après se sont laissés acheter par le Makhzen et le colonialisme. Il avait payé chère pour son refus d’être acheté, il faisait parti des vraies moujahidines  et  compagnons de Mohamed Abdelkrim AlKattabi avec qui   Il avait juré  et priait serrement de ne jamais trahir la liberté du peuple, de n’accepter jamais une indépendance partielle, et ne jamais trahir la patrie, juré de ne jamais  baisser  les bras tant qu’il ne sentait pas encore complètement libre dans son pays. Il était soldat et serviteur de la cause liberté (horiya) justice sociale (3adala jtima3iya) et surtout contre le mépris (7ogra). La droiture et l’honnêteté étaient dans sa pratique quotidienne. Il avait défendu  le rif en particulier et le Maroc en général des colonialistes espagnols et français et considérait qu’ils  (lui et les braves moudjahidines enlevés pour la même cause comme Haddou oukchich, Mohamed Tamsamani,  si hamou haj fils beau frère de Mohamed Abdelkrim kattabi et d’autres), ont sacrifié leur vie  par cette résistance  contre les occupants Espagnols et Français,  pour une vraie indépendance économique, sociale et  politique du Maroc.

Il nous avait raconté que le Makhzen  lui avait proposé  d’occuper une grande responsabilité au sein du gouvernement et qu’il avait refusé car, d’après son récit, il n’acceptait pas d’être acheté  de cette façon « Un compagnon de la prison avait rapporté lors de l’audience devant la commission: justice et réconciliation des rescapés de la mort des disparus de 56, il avait  raconté que Mr Belkadi Mohamed compagnon de Mohamed Abdelkrim AlKattabi et détenu des années 56 avait été rapproché pour lui proposer La Gouvernance d’une partie du rif (Nador) et qu’il avait refusé».

Mon père nous racontait lors de son enlèvement, qu’Ils  le  transféraient  les yeux bandés, dans un premier temps vers une destination inconnue mais  qu’il a su après sa sortie que c’était Nador.  Quelques  semaines  après,   ils le transféraient vers une autre destination  toujours les yeux bandés,  d’après lui c’était Taza, Il était resté  quelques semaines encore puis le transféraient à nouveau  vers une autre destination (Dar Bricha ) Oued Laou à Tétouan. Il  restait incarcéré dans le secret, torturé moralement et physiquement,  et Il retrouvait sa liberté physique quelques mois après.

Sorti vivant par coup de chance lui et deux autres braves gens.  En effet,  une marche de quelques familles sur Rabat a permis de rencontrer les conseillés du Roi Mohamed V (Parmi ceux qui ont fait le déplacement se trouvait mon Grand père maternel (Mo7 Nd3arasth), ils ont porté plaintes  auprès du Roi sur l’enlèvement des proches.  Le Roi Mohamed V par l’intermédiaire de ses conseillers de l’époque, leur a promis de faire toute la lumière et tout le nécessaire pour s’informer du sort des disparus dont le Roi  ignorait cette affaire d’enlèvement (d’après le récit de mon grand père maternel: Le Roi leur avait fait comprendre  que c’était irresponsable d’enlever et d’emprisonner des combattants qui ont sacrifié leur vie pour  la liberté et l’indépendance du rif et du Maroc et qu’il ignorait cette affaire ) donc il allait personnellement s’impliquer et veiller sur ce dossier pour retrouver  les disparus et ensuite  les  faire libérer.  Après quelques semaines Mon père était libre.

Ils étaient une quinzaine d’hommes enlevés avec mon père,  des personnes tous   de la même région sauf deux ou trois personnes des régions non lointaines.  La majorité torturée jusqu’à la mort, sauf quelques trois personnes sortis vivants par l’intervention du Roi Mohamed V.

Il nous avait détaillé la torture et le harcèlement physique moral et intellectuel  qu’ils avaient subis, c’était un cauchemar. Mon père nous racontait :

«Tout les soirs, Les tortionnaires venaient  embarquer  quelques uns parmi nous et à tour de rôle, les torturaient, nous entendions tous les cris et la souffrance des uns et des autres, nous insultaient « ouled spanioul, 9ol Ya7ya  Lmalik,  9ol ldak lkhain d’abdelkrim ikharejkoum mena, Britou ljoumhouria… chkoun  litaye7kem lmaghreb,… chkoun … chkoun.., britou t7arbou lmalik, britou linfiçal» que des accusations inventées et préfabriquées, des humiliations de tous genres, des accusations montées en bloque pour se venger des moujahidines et du Rif,  car nous étions contre cette indépendance truquée et que l’occupant français et espagnol imposaient pour le Maroc.

«A Dar Bricha, on vivait un cauchemar,  les nuits ne passaient pas, Le jour nous  essayons de reprendre le souffle, il fallait  un courage immense pour résister, nous n’avions même pas la force de nous parler. Les tortionnaires  trouvaient du plaisir lorsqu’ils nous  torturaient»

Mon père disait : « Nous étions contre le pouvoir centrale et les wataniyines de Rabat, car nous ne pouvions accepter cette indépendance alors que d’autres régions restaient encore sous l’occupation(Le sud et les deux villes Ceuta et Melilla), Nous avions refusé de cautionner les watanyines de Rabat».  car nous vivions toujours humiliés, marginalisés. Nous étions sur la même ligne que  Mohamed Abdelkrim Alkattabi qui vivait en Egypte, ce dernier allait plus loin encore que le Makhzen, il disait haut et fort: «  nous ne pouvions accepter cette indépendance car d’autres frères Arabes, Berbères, Musulmans, Chrétiens ou Juifs du pays du Grand Maghreb sont toujours occupés, privés de leur dignité, de leurs droits socio économiques, de leur liberté,  toujours colonisés par les occidentaux, il était hors question d’accepter cette indépendance, Il était plus Arabo berbère et plus magrébin que les Watanyines de Rabat, plus Marocain que les Istiqlalistes et le Gaich Ta7rir, il était plus combattant pour un Maroc libre,  plus rassembleur que le Makhzen », défendant la liberté, la dignité, l’égalité, la fraternité pour tous du nord au sud,  une vraie indépendances de tout le territoire Marocain et Magrébin, une vraie  démocratie pour  les hommes et les femmes que constituait le Maghreb.  Mon père nous disait: « C’était  le contenu de la lettre que j’avais reçue d’Amir Moulay Mouhend (Mohamed Abdelkrim Alkattabi) et nullement il y avait question d’un soulèvement contre le Roi ni combat pour l’indépendance du rif indépendamment du Maroc, ni question d’Aljoumhouria Rifiya, c’est  quelques uns de Makhzen qui détenaient le pouvoir, qui voulaient faire croire aux Marocains cette chanson d’Aljoumhouria Rifiya et de l’anti pouvoir central. Mon père disait toujours que  leur révolte était contre l’occupant contre l’injustice et la trahison, et que les Rifains, les magrébins et les Marocains restent indissociés par leur culture, par leur religion,  par leur histoire et par leur destin».

Mon père poursuivait «A Dar Bricha, on vivait un cauchemar,  les nuits ne passaient pas, Le jour nous  essayons de reprendre le souffle, il fallait  un courage immense pour résister, nous n’avions même pas la force de nous parler. Les tortionnaires  trouvaient du plaisir lorsqu’ils nous  torturaient. Ce cauchemar a duré des mois. Nous n’avions aucune connaissance du monde extérieur, ni pourquoi nous étions là, mais nous avions deviné après les prérogatives qu’il s’agissait d’une punition généralisée du Rif et des moujahidines qui n’acceptaient pas d’entrer dans le jeu des   wataniyines de Rabat, qui de leur coté acceptaient cette indépendance partielle. Nous n’avions pas accepté cette indépendance truquée et imposée par la France et les espagnols qui nous ne rendaient pas vraiment et totalement notre liberté et notre indépendance politique, sociale et économique et nous n’avions pas accepté d’’être humilié, marginalisé et accusé de séparateur.  

Mon père disait que le pouvoir central, en s’appuyant à tort sur des rapports  et des écrits des milices du Makhzen, des rapports truqués et falsifiés, était responsable de tous les malheurs que nous avions subis, car il n’y avait que des accusations détournées et falsifiées. Le pouvoir central appuyé par  les Istiqlalistes, des milices de Jaïch Ta7rir  passaient à l’acte en enlevant et torturant tous ceux qui étaient contre eux et contre leur désir de signer cet accord  avec les colonialistes et pousser  le rif vers le Kao.  

Tous les gens qui ne partageaient pas cet accord dicté par l’occupant, tous les marocains  qui disaient non à cet indépendance, étaient montrés du doigt, et étaient  considérés comme des  déserteurs, des séparatistes,  et donc il fallait les écarter ou les éliminer. Un très grand nombre de  la population rifaine marocaine montré du doigt, un très grand nombre de moujahidines qui ont combattu  l’occupant pour un Maroc libre, indépendant et qui disaient  nom à cette fausse indépendance imposée par le colonialisme Français et espagnol, étaient la cible du Makhzen, la cible des tortionnaires et des antis liberté, ils étaient la cible des arrivistes afin d’emparer du pouvoir politique et de la richesse du Maroc   

Mon père avait  vécu toute sa  vie dégouté des parties politiques a cause de leurs responsabilisées et leur implication directe dans la non libération de tout le Maroc, dégouté par leur implication directe dans le  massacre et la marginalisation du rif et de leur complot ( moamara)  contre le peuple Marocain, dégouté des medias a cause de leur propagande contre et cette région par des contres vérités pour légitimer ce massacre du rif, dégouté de la plus part des intellectuels par leur absences collectives de non dénonciation de ce massacre, dégouté de la majorité du peuple marocain de l’intérieur se rangeant derrière la propagande hostile à une partie de ce Maroc ( le Rif) en mettant toujours en avance cette propagande de l’infiçale et de l’anti Roi, de perturbateurs de l’ordre public , de  barbares . Cette approche policière et sécuritaire  d’une grande ampleur anti Rif se poursuivait  en 1958 par le massacre sauvage de toute une population, de toute une région et par la marginalisation programmée du Rif jusqu’a aujourd’hui inclut.

Son témoignages des années 1920-1956 sera publier dans un autre document, il serait question dans un premier temps, de l’implication de mon père dans la résistance contre les occupants Français et Espagnol des années20-26, dans un second temps son exile vers Moulay Idriss Zarhoun 26-41 ou il restait plusieurs années et en troisième partie 41-56 son retour dans son village natal Souani Beni Ouryaghel à Alhoceima ou il retrouvait sa famille proche (sa mère, son frère et sa sœur).

Récit de Ma Mère El Fassi Khadija

Durant plusieurs décennies,  ma mère épouse de M Belkadi Mohamed, nous racontait  Comment elle avait vécu la période de l’enlèvement de mon père, cette période  qu’elle restera gravée a jamais dans sa mémoire.

Elle nous racontait: « votre père est parti faire des courses comme il avait l’habitude de le faire chaque samedi de la semaine, j’habitais à la sortie d’Alhoceima, une petite maison en location et j’avais trois enfants, un garçon âgé de 5 ans , deux  filles  âgées de 3ans et un an, et enceinte d’un quatrième enfant, j’étais enceinte d’un garçon qui naîtra lorsque votre père venait d’être libéré, Il était disparu sans que je sache ce qu’il était devenu. Deux fois enceinte en son absence, une fois pour aller combattre dans la montagne et la deuxième fois lorsqu’il était enlevé, je ne pouvais oublier ces durs moments de ma vie.

Ce jour d’enlèvement et comme ce n’était pas de son habitude, il n’avait pas donné signe depuis son départ, passé le temps que normalement il devait rentrer, je commençais à m’inquiéter, mon beau fils Mohamed (fils ainé de mon mari)  qui habitait  avec nous ne comprenait pas ce qui se passait, et partait  à la recherche de son père pour  avoir des explications sur ce retard inhabituel.  Il  ne revenait qu’au coucher du soleil. Il m’avait raconté que quelqu’un l’avait vu partir avec deux gendarmes  en dehors du marché  et monter dans une  Jeep du Makhzen  et c’est ce qu’il a su ». Elle poursuivait : passé une, deux et trois nuits sans nouvelle, l’information commençait à circuler,  beaucoup de familles  avaient vu leur proches disparaitres.

Ma mère poursuivait « Mon père (père de la maman) apprenant  la mauvaise nouvelle  était  venu me chercher chez moi  et me demandait de le suivre à Ait Kamra à Alhoceima ou vivaient mes parents et toute la famille, il ne pouvait me laisser dans cette situation toute seule avec des enfants en bas âges en attendant la clarification de la situation ».

Alors commençait la galère, ma mère disait « mon beau frère, mon père, mes frères et d’autres  familles  courraient  dans tous les sens,  espéraient  obtenir des nouvelles des personnes enlevées  et connaitre le sort des disparus. A Alhoceima  les autorités répondaient qu’ils ne savaient rien, le kaid et son entourage disaient  ne rien savoir alors même que des témoins leur affirmaient les avoir vus avec eux et monter dans des véhicules du Makhzen».

«personne ne pouvait sentir notre détresse, notre désarrois et notre souffrance, huit mois dans le noir»

Les jours se ressemblaient, du mécontentement mais surtout de l’inquiétude, un climat très particulier, triste, démoralisant. Ma mère nous disait : « nous étions abattus, aucun plaisir pour manger, pour dormir, pour parler ni même pour bouger, mes enfants réclamaient leur père et je ne trouvais pas les mots pour leur expliquer ce qui s’est passé. On ignorait le sort de nos chers.  Des proches, des voisins venaient tous les jours demander des nouvelles, les enfants voyaient leur cousins, cousines près de leur papa pleuraient et soufrant de cette situation et de l’absence de leur papa ».

Des informations commençaient à circuler, ces proches des familles  disparus  étaient enlevés et kidnappés par le Makhzen.

Ma mère nous disait «personne ne pouvait sentir notre détresse, notre désarrois et notre souffrance, huit mois dans le noir,  les familles, les proches demandaient que la justice du Dieu soit faite  contre ces gens qui détenaient le pouvoir et qui n’avaient aucun sentiment de l’humanité ni de justice et se vengeaient de ces braves hommes  du rif car  tout simplement n’acceptaient pas lmadalla et l7ogra (le mépris) et l’occupation de leur terre par iromayens (les chretiens)»

Ma mère nous disait : « Mon père alors décidait de partir et marcher sur Rabat quoi qu’il arrive, ils étaient nombreux à le faire, tous les proches des hommes disparus. Il ne revenait qu’après deux semaines après avoir rencontré le palais ». Il nous avait raconté  ce qui s’est passé et qu’ils ont eu la promesse de libérer les détenus (les disparus) dans le plus bref délai.

Un jour d’hivers de 1957, un homme se présentait devant moi accompagné de mon père, je ne reconnaissais pas cet homme, il apparaissait étrange pour moi. Tout à coup mon père me dit : « C’est ton Mari, au moins accueille le comme il se doit, j’avais même pensé à  fuir cet homme que je ne reconnaissais pas. Il était tellement maigre, affaibli, vieilli, le visage complètement transformé que j’étais incapable de le reconnaitre, c’étais mon mari qui se présentait devant moi, je n’oublierai jamais ces pleures et cette tristesse que j’avais senti en ce moment de retrouvaille »

Ma mère, mon père nous racontaient que ce qui s’est passé en 1926, en 1958 et même en 1984, était  plus dure et plus atroce encore. Leur témoignage de ces périodes sera publié ultérieurement. Ce sont des périodes extrêmement marquées dans leurs esprits, pleins de l’amertume et de l’injustice durant leur vie

En 2017 des événements se succèdent depuis maintenant plus que huit mois. Depuis quelques mois et à chaque fois que je téléphone à ma mère, elle me dit : « Nous Vivons une période délicate en ce moment, je m’inquiète de la situation à Alhoceima, les événements qui se déroulent dans la région et devant mes yeux me laissent inquiète (lui font rafraichir la mémoire),  ces événement me font rafraichir les mauvais moments de la période des enlèvements en 56-57 et du massacre des années 58 et les événements des années 84. Je ne comprends pas se qui se passe, ni de la part des manifestants ni de  la part des autorités du Makhzen et de la présence de ce très grand nombre de forces sécuritaires ». De sa fenêtre, elle me dit voir passer pratiquement tous les jours un très grand nombre de jeunes bien organisés, des fille, des enfants, des mères dans les cortèges qui crient à haute voie avec des slogans portant sur la Mort d’un jeune Fikri Mo7sin en réclamant la justice pour le décès de ce jeune, des demandes sociaux économiques (hôpitaux, éducations, liberté, non a la militarisation) , la mort aux trahisons, derrière toi Zafzafi  et montrant du doigt le gouvernement et la police », de l’autre côté je vois de plus en plus de policiers qui portent  leurs uniformes, mais aussi des gens portants des uniformes de l’armée, sur le bord beaucoup de civiles qui surveillaient et filmaient les manifestants, jamais d’accrochages ni d’affrontements, J’entends de ma maison pratiquent tous les soirs des cries et des hurlements. La plus grande partie de la journée tout est calme, la vie reprend son rythme habituel et la ville reprend son visage comme on avait l’habitude de voir.

كتاب أسد الريف

كتاب أسد الريف

Ma mère me dit: « Un vendredi du mois de Juin 2017,  j’apprends par l’intermédiaire de ma fille que la police ont commencé à interpeller beaucoup de jeunes, que Nasser est enlevé. Elle me raconte avoir vu beaucoup de véhicules blindées qui font des allers et retours d’une manière inhabituelle, je vois  des jeunes courir dans tous les sens et elle me disait : je sens qu’il se passe quelque chose d’anormale, Lah I7fad, ces jeunes ne mesurent pas la gravité et  ils ignorent se que nous avons subi par le Makhzen a l’époque de l’intifada de 58 et 84. Elle me racontait que ces jeunes sans expériences doivent rester calmes et ne pas provoquer et distribuer des accusations gratuites vers tel ou tel responsable politique et ne pas mettre en cause les instances, tous vont être contre eux car c’est le RIF, Il faut qu’ils soient reconnaissant de ce que fait Mohamed VI pour cette région, s’ils ont des choses à dire qu’ils le fasse autrement, personne  ne les écouteraient ni les soutiendraient. Elle me disait,  ceux qui sont responsables de leurs détresses de leur malheur,  et de leur injustice sociale ne vont jamais être montré du doigt ni poursuivis   par la justice car c’est le Maroc, et qu’ils sachent qu’on cache toujours la vérité au  Roi, on a connu cette situation depuis des décennies et ce n’est pas maintenant qu’ils vont leur donner raison, c’est toujours la même histoire qui se répète. Au moins avec les visites de ce  Roi et l’intérêt qu’il donne à cette région du Rif, avec ce qu’on voit comme changement positif,  on doit laisser le Roi agir et  lui laisser le temps pour régler tous ces problèmes».

Fin du récit de mon père que dieu lui rend justice et lui accorde son miséricorde, et le récit de ma mère que dieu la protège et lui prolonge  sa vie.

J’ai rapporté avec loyauté ce que racontaient mes parents, sans prendre part, Ce témoignage était nécessaire afin de faire le lien avec les événements récents.

Le Récit d’un citoyen en Juillet 2017

Comment un  citoyen d’aujourd’hui Marocain  peut-il garder confiance et espoir ?, comment les institutions de notre pays puissent respecter la charte de notre constitution ? comment espérer voir un Maroc de demain plus libre, plus respectueux de ces citoyens, plus démocrate ?

Je ne peux qu’exprimer mes profondes blessures,  inquiétudes  et le mal de vivre dans un Maroc ne respectant pas ses engagements des droits internationaux et sa constitution votée en 2011.

La question qui se pose en 2017 est d’une actualité d’extrême urgence : Y a-t-il une ressemblance avec ce qui s’est passé en 56, 58 , 84 ……, et ce qui se passe en ce moment, comment rendre justice à cette jeunesse, à ces citoyens, pour que le Maroc sort plus que jamais renforcé au niveau de sa démocratie et comment rendre sa constitution respectueuse et  applicable aujourd’hui.

En 83-84, je poursuivais  mes études à la faculté des sciences d’Oujda, je ne peux oublier cette période d’injustices et d’atrocités que nous avons subis. Beaucoup de frères et camarades étudiants  et non étudiants partout au Maroc, à Alhoceima, à Oujda, Marrakech, Casablanca, Rabat, Fès et d’autres villes étaient la cible d’enlèvement, de torture, d’emprisonnement et des décès .  Tous ça pour des inculpations et des reproches irréalistes, injustes et préfabriquées, alors qu’il n’y avait que des revendications d’ordre sociale, d’ordre économique et d’ordre juridique. Malheureusement l’état n’appliquait que l’approche policière, ne savait répondre à ces revendications que par l’enlèvement, la torture et l’emprisonnement. L’état utilisait que des moyens purement policiers. Absence totale de dialogue et d’ouverture sur les revendications.

Beaucoup de personne de ma génération intègrent aujourd’hui l’administration et occupent des postes de haut niveau,  devenus des responsables politiques locales et nationales,  intègrent de grandes responsabilités décisionnelles. Je m’adresse à cette tranche de ma génération : n’appliquez pas le proverbe qui dit « aujourd’hui Hallal pour nous mais 7aram pour vous », tout ce qui était 7aram hier est devenu 7alal aujourd’hui, hier vous dénonciez farouchement ce que vous subissiez comme injustice et aujourd’hui vous banalisez ce qui se passe devant vos yeux et pire encore vous légitimez les injustices que notre jeunesse subit. Il y a même parmi vous qui pratiquent le même esprit d’injustice et d’approche sécuritaire envers les citoyens que vous dénonciez l’autre fois. Arrêtant ce dérapage intellectuel et ayant l’honnêteté de reconnaitre la légitimité des revendications de ces jeunes citoyens que nous-mêmes nous défendions,  il n’y a pas longtemps.

La jeunesse citoyenne ne demande pas de la charité, elle ne demande que son droit de vivre dignement, que le droit de penser librement et que les droits que leur a accordés leur constitution soient appliqués.

Respectons la loi et la justice sociale,  que la loi et la justice pour tous.

Quelques questions s’imposent avec les événements et l’actualité que nous vivons  aujourd’hui.

?Y a-t-il une vraie volonté politique de l’état pour intégrer socialement, culturellement et économiquement cette région du nord en particulier le Rif

?Pourquoi cette approche sécuritaire permanente envers les citoyens marocains et de la région du Rif

?Pourquoi cette propagande anti rifaine

?Pourquoi cette marginalisation permanente de la région

?Pourquoi ce détournement permanent de la richesse financière des apports financiers des citoyens marocains de l’étranger

?Pourquoi ce détournement permanent de l’argent du Kana bis vers des destinations pour un enrichissement personnel

.Beaucoup de questions qui ne trouvent pas encore de réponse légitime et réaliste

:En 2017 on assiste aux

  • Même population (le Rif),  mêmes citoyens marginalisés,  mêmes acteurs
  • Mêmes inculpations et mêmes accusations.
  • Mêmes propagandes (anti Roi, séparatistes)
  • Même technique d’enlèvement (enlèvement sans être convoqué par la justice)
  • Mêmes falsifications et le montage des dossiers, mêmes accusations (perturbateur de l’ordre public, financement et complot étranger)
  • Même punition généralisée (toute une région encerclé par le makhzen, tout le monde risque d’être enlevé, inculpé)
  • Même approche sécuritaire (des milliers de policiers, de gendarmes et de soldats encerclent la région et pratiquent des actes d’extrêmes violences)
  •  Même justice (ne se basant que sur les  rapports planifié et truqués montés par la seule administration policière sans qu’il y ait possibilité d’une contre enquête)
  • Même médias (propagande de l’anti rif et qui ne se base que sur les rapports truquées de la police et  le discours contradictoire du   porte parole du ministre de l’intérieur).
  • Même motif d’inculpation (atteinte au régime).
  • Même méprit et même humiliation de la population.
  • Même hypocrisie de la part des acteurs décisionnaires de l’état.
  • Même esprit de vengeance et de punition pour cette région.
  • Ect…………

Nous vivons une situation, dans laquelle  nous n’assistons qu’à des contradictions entre les écrits sur le papier et la pratique quotidien

Seulement, en 1956, 1958 nous n’avions pas encore voté une nouvelle constitution  (doustour) , nous n’avions pas signé la charte des droit internationaux, nous n’avions pas un parlement, pas de justice, pas d’élections, pas de ministre des droits de l’homme, pas de  de  2ème chambre, pas de médias indépendantes, pas de société civile, pas  d’accord international, pas de justice sociale, pas de droit pour manifester librement et pacifiquement, pas de droit de penser librement, pas d’égalité entre homme et femme, pas d’égalité devant la loi riche ou pauvre, pas de droit à l’éducation et à la santé, pas encore de droit au respect de l’enfant, pas encore de droit de vivre dans la dignité, pas encore de droit de penser différemment,  et encore la liste est longue.

Nous vivons en 2017, après 60 ans tout à été changé sur le papier, que de belles choses, que des avancées, sur le papier on se classe dans le rang des meilleures démocraties du monde, sur le papier on donne des leçons au monde entier, nous avons adhéré à la plus part des instances internationaux, malheureusement  dans la pratique, nous n’avions pas fait bouger d’un doit le Maroc, les Marocains vivent toujours avec le même  esprit d’injustice, même situation de profil individuel et d’enrichissement personnel, même pratique politicienne, même désordre administratif, même approche sécuritaire, même esprit d’incompétence.

Nous vivons une situation, dans laquelle  nous n’assistons qu’à des contradictions entre les écrits sur le papier et la pratique quotidienne. La preuve  c’est à quoi on assiste dans la vie de tous les jours et depuis malheureusement 60 ans.

Merci les Marocains du Rif, merci à ces citoyens marocains fideles au principe de liberté, de fraternité de justice et de solidarité et d’avoir touché du doigt le vrai visage du Maroc. Tout ce qu’on essais de mettre devant la scène est bien loin de la réalité. Il n’y a pas de déserteur, pas d’anti Roi, pas de financement étranger, pas de perturbateur de l’ordre public, pas d’atteinte a la Monarchie, pas de séparateurs, pas de joumhouriyines,  Il n’y a que des jeunes et des braves cytoyens qui ont dit non au mépris, non à l’injustice, non à l’enrichissement personnel. Ils ne demandent que de la justice sociale, de l’égalité des chances, que du respect de la dignité des marocains, que de poursuivre en justice ceux qui détournent la richesse du Pays, que de la vrai démocratie, que  la justice soit appliquée contre les vraies  traitres (khawanas) du Maroc, que les projets Royales soient respectés dans le temps et dans la norme partout au Maroc, que les corrompus soient poursuivis par une vraie justice. Ils ne veulent qu’une vraie reconnaissance de leurs droits de vivre dignement et l’application et le respect de la constitution  qu’on leur a accordée. Ils veulent l3adala ligetima3iya,  Ils ne veulent pas de 7ogra (mépris), ne veulent pas la marginalisation,  ne veulent pas de Nahb de la richesse Marocaine qui est pratiquée par une poignée d’hommes et de femmes de ce pays.

Merci à ces jeunes, aux hommes et aux femmes qui nous ont montré leur extrêmes intelligences dans la pratique démocratique, nous ont montré comment s’organiser, comment protéger les biens de la société et les biens des individus, nous ont montré comment dénoncer pacifiquement le détournement d’argent, nous ont montré du doigt les menteurs, nous ont montré du doigt les irresponsables politiciens, nous ont montré du doigt les vrais destructeurs de la stabilités de l’état Marocaine, nous ont montré du doigt le vrai visage des quelques medias qui propagent les idées d’exclusion et de séparation (les vraies infiçalistes), nous ont montré du doigt le vrai visage de la justice, nous ont montré du doigt l’esprit de vengeance que pratiquent quelques parties politiques, nous ont montré du doigt l’esprit vindicatif et destructif que pratiquent quelques responsables du Ministère de l’intérieur, ils ont touché du doigt la faiblesse  de la  démocratie au Maroc. Cette jeunesse nous a montré du doigt comment une poigné d’individu mettent économiquement et politiquement la mains sur la richesse du Maroc et que la majorité est exclus et considérée comme instrument a traiter, nous ont montré du doigt le dérapage intellectuel d’un grand nombre de journalistes, d’un grand nombre de médecins, des professeurs, des historiens, des écrivains, des chercheurs, tous arrangés derrière la propagande hostile a la vérité. Cette jeunesse révoltée a mit en crise le pouvoir des intellectuels, eux même semblent trop attachés aux avantages socio-économique. En résumé,  ces jeunes nous ont fait le vrai état des lieux de notre pays qui est le Maroc.

Cette jeunesse Marocaine que nous stigmatisons aujourd’hui nous interpelle tous afin que nous puissions réfléchir ensemble et répondre a la question essentielle sur le devenir du Maroc. Regardons-nous en face, ayant pitié de ce Maroc, rendant justice à ce Maroc qui ne mérite pas d’être aussi stigmatisé par la communauté internationale.  

Un jour tout le monde regrettera  cette situation et il sera trop tard, regardons objectivement ce qui se passe autour de nous, par tout dans le monde entier, chaque citoyen est fière d’appartenir à son propre pays, tous sont au service de leur patri, alors faisant comparaison avec se que recentrent nos jeunes citoyen Marocains.  On ne peut pas fermer les yeux sur cette perte de confiance de nos jeunes envers leur pays. Il y a bien des raisons qu’il faut  résoudre un jour. Tout le monde serait perdant, et plus encore les perdants serait cette poigné d’individus qui détiennent le pouvoir économique, culturel et polyptique.

Le monde à changer depuis plusieurs décennies, Bougeons nous aussi dans le bon sens et arrêtons de nous cacher la face. Le monde  nous regarde de très près, notre image est tellement Salie et nous faisions semblant ou nous donnons impression que nous prenions le même train avec les autres nations.

L’éducation  doit être autrement elle doit être un droit juste pour tous sans qu’elle ait deux poids deux mesures, la santé doit être au services des citoyens sans distinctions, tout le monde à le droit de se soigner, la pratique politique doit être  indépendante responsable avec des programmes claires et bien définies, la justice doit être indépendante juste et respectueuse de la constitution, le ministère de l’intérieur au service des Marocains pour les protéger et nom pour les diviser,  l’armée au service de la défense de la patrie, la richesse doit être mise aux services des citoyens et au développement, elle doit être partagée   équitablement. Un pays sans Justice, sans éducation, sans santé et sans liberté risque d’être anéanti dans le temps.

Il est temps que les intellectuels, les professeurs des sciences humaines, les historiens, les psychologues, les politiciens, les médias, la société civile, les institutions gouvernementale, instituts parlementaires et d’autres,  prennent leurs responsabilités. Ils doivent se recycler, se former, se responsabiliser et changer leur façon de penser et de gérer leur responsabilité.  Cette jeunesse n’a fait que soulever les graves défaillances et l’irresponsabilité  dans notre pratique quotidienne. Répondre  aux inquiétudes, aux attentes  et aux revendications des événements de 2017 passe par  retrouver le sens des responsabilités. Rendez un sens et une valeur à vos pratiques, donnez un sens aux différents serrements des uns et des autres que vous avez prononcé devant la haute autorité et lors de la sortie de vos écoles avec vos diplômes, donnez un sens à vos  responsabilités. Arrêter de faire diviser le peuple Marocain, c’est nos enfants de demain, nos valeurs, notre histoire, notre dignité, tout simplement notre devenir du Maroc qui est mis en jeu. Il faut que la  responsabilité de gestion des instances du Pays soit aux mains des gens compétents, expérimentés  qui  mesurent bien le sens d’intérêt collectif et le devoir de servir le pays et  nos citoyens. Sans un vrai contrôle de nos différentes pratiques et sans une vraie volonté de finir avec le passé des violations des droits de l’homme, notre pays reste et resterai loin des préoccupations de ses citoyens et de sa jeunesse.

Il est temps que la jeunesse du Soulèvement à Alhoceima et partout au Maroc soit plus ouverte aux discussions et ne pas écarter l’autre opinion  ni mettre tout le monde dans le même panier, on doit accepter la divergence, la différence d’appréciation des uns et des autres car La souffrance est partagée par la majorité des Marocains, on doit laisser la porte ouverte aux discussions, faire entendre ses préoccupations ces prérogatives avec un esprit d’abaissement et de dialogue.

Lorsque la période de  Mossala7a (équité et réconciliation)  a été ouverte pour corriger les atrocités  des années noires  et pour rendre justice aux hommes et femmes qui ont souffert de cette période, j’avais dit a quelques uns de mes camarades qui me demandaient de présenter un dossier concernant ma mère : on ne pouvait pas faire mossala7a (réconciliation)  avec le rif, avec le centre, avec le sud avec les Marocains que si, préméro, on rendait la vraie justice à cette région, aux autres régions et aux hommes et femmes des différentes régions du Maroc, sécondo écarter les responsables des atrocités de toute responsabilité future. Cette reconnaissance ne passe pas uniquement par la distribution des somme d’argent sur tel ou tel personne, une vrai justice et une vraie reconnaissance passe par instaurer la vraie  démocratie, le vrai droit de vivre ensemble, la vraie reconnaissance des droits fondamentaux de liberté et de justice et que les responsables du massacre soient connues et c’est aux marocains de décider s’il y a poursuites ou non », C’est pour cette raison que je n’étais pas très chaud pour que l’affaire de mon père soit auditionnée  et déposée auprès de la commission. Les événements d’aujourd’hui me donnent raison par les arguments que je défendais à cette époque car on assiste aux mêmes phénomènes si non pires encore. Qu’est ce que sa veut dire : « tout le monde chante le même discours :  les manifestations sont légitimes, les demandes sont réalistes, les jeunes sont pacifistes, les politiciens sont corrompus, les discutions devraient s’ouvrir avec les vraies personnes responsables des manifestations », mais dans la pratique :  « on interpelle, on encercle toute une région  d’Alhoceima, on humilie  des femmes, des enfants, des jeunes partout au Maroc, on monte et on falsifie les rapports et les dossiers », que  des contradictions, la radio, la télé, les journaux les parties politiques, porte parole du gouvernement, le gouvernement, tous  font le contraire de ce que disaient hier. Comment croire à une justice alors qu’elle  sait et entend tous les jours  de la part de l’état que ces jeunes sont pacifistes, sont responsables, sont dans la légitimité, sont respectueux, que la haute autorité dit la même chose et en même temps on juge sur la base des rapports non fondés montés en bloc par l’intérieur. Quelles contradictions ?, deux poids deux mesures. Personne ne comprend rien,  qui décide, qui gouverne, qui donne des ordres, qui torture, qui manipule la presse, qui rédige les discours, qui et qui… Même sa majesté s’est mis du coté de cette jeunesse et a penché de leur coté en reconnaissant implicitement la légitimité des revendications. Malheureusement on a le sentiment que derrière cette impasse,  il y a des personnes qui poussent vers l’instabilité de ce pays, et dans ce cas faisant bloc autour du droit et rien que le droit et la vraie justice.

 Comment on laisse encore en détention un grand nombre de jeunes alors que le Palais Royal, les démocrates, la société civile des droits de l’homme, les rapporteurs indépendants, quelques responsables politiques, quelques élus, les avocats, les défendeurs de la liberté d’expression disent tous non a cette mascarade, non à cette approche policière, non à cette propagande hostile au rif  et reconnaissent tous la légitimité de ces manifestations et revendications, mais en même temps on ne respecte pas les fondements de la démocratie. Quelle absurdité et quel contraste ?. Tout ce qui est présenté et écrit sur les rapports de la police reste caduc du fait de cette reconnaissance et  légitimité des revendications.

Une Justice qui ne respecte pas la haute autorité, qui ne respecte pas sa jeunesse, qui ne corrige pas les erreurs commises par telle ou telle administration envers ses citoyens, une police qui ne protège pas les marocains et leur biens, des responsables politiques qui ne sont que dans le règlement   politiciens et de vengeance, un média aligné, les avantagés qui ne cherchent qu’a s’enrichir  encore plus sans être poursuivis ni interpellés,  un syndicalisme  qui s’enferme sur lui-même et qui court derrière des avantages corporatifs , des associations qui détournent l’argent public, un parlement vide des serviteur de l’état et qui ne pratique pas son rôle de surveillance,  tous ceux-ci, ne peuvent que  pousser et sans ambigüité cette jeunesse et cette population a couper le cordon qui les relie encore a leur mère patrie.

Un pays vide de ces compatriotes loyaliste à leur pays, qui perdent confiance en leurs institutions, un pays qui pousse ses citoyens en particuliers sa jeunesse  a avoir une  identité fragile, par une mauvaise pratique de la citoyenneté et de la démocratie Un tel pays exporte une image néfaste devant ses adversaires, et perd la confiance aux yeux des autres nations et sera détesté par ses propres citoyens.

Revoyez vos dossiers et regardez vous en face, donnez une légitimité a ce que vous dites et vous prononcez, soyez plus clairs et plus cohérents dans vos discours.

?Quelle solution doit-on adopter pour mettre fin à cette impasse

Le Rif aujourd’hui est une terre blessée, une population humiliée et des familles disloquées. Le Rif a besoin dans l’urgence et plus que jamais d’une vraie réparation phycologique, sociale, culturelle et économique. Il faut une vraie compréhension des caractéristiques propre à cette région,  avec une approche plus consensuelle, plus réparatrice des blessures causées depuis 60 ans et cela passe par une des s et des études objectives de cette région  sur le plan intellectuel, scientifique, culturelle et historique.

Pour une contribution à l’apaisement de la situation, et au déblocage de la situation, l’état doit prendre sa responsabilité et les mesures suivantes : Tout le monde s’accorde que le Hirak n’a nullement manqué aux règles de la démocratie, tous s’accordent que cette jeunesse était dans l’entier droit et les revendications étaient purement économiques, sociales et culturelles. Alors arrêtons cette hypocrisie et donnant une vraie image d’un pays du 21 eme siècle qui respecte ses engagements et sa constitution,  Je suggère donc :

  • Par tout au Maroc, la libération de tous les détenues, les kidnappés et arrêter la poursuite des personnes impliquées de près ou de loin dans le Hirak et les manifestations revendicatives.
  • L’état doit répondre positivement aux revendications soulevées par cette jeunesse.
  • Rendre justice  conforme au droit international et conforme à la législation Marocaine.
  • Ce climat et cette tension doivent être abaissés sans recourt a la force.
  • Instaurer un vrai dialogue avec les leadeurs des contestations partout au Maroc.
  • Reconnaitre le courage de ces leadeurs du Hirak d’avoir soulevé les défaillances de notre politique éducative, économique et culturelle et  d’avoir dénoncé les  irrégularités dans la gestion financière des projets et marchés publics.
  • Rendre Justice à cette jeunesse en la faisant impliquer dans la gestion, le contrôle des projets actuels et futurs de leurs villes et leur rendre hommage.
  • Arrêter de stigmatiser toute une partie du Maroc qui est le Rif et cette jeunesse en particulier, arrêter de donner des leçons magistrales comme s’il s’agissait des élèves et étudiants assies dans un amphithéâtre ou une classe.
  • Que les personnes, les instances, les parties politiques, les associations mises en cause par cette jeunesse s’abstiennent de tout commentaire et qu’ils acceptent de rendre leur compte  aux services compétents. La justice doit suivre son chemin indépendamment de l’intervention d’autres administrations en particulier le ministère de l’intérieur.
  • Que La Monarchie, par sa légitimité suprême que les marocains lui a octroyé, intervienne pour rendre justice à cette population et poursuivre en justice tout responsable politique ou administratif ayant manqué à ses responsabilités dans la gestion financiere des affaires de l’état et ouvrir le chantier de la poursuite des personnes avérés responsables de l’enrichissement personnel.
  • Que la monarchie ordonne une fois pour toute à ce que le ministère de l’intérieur soit au service de la justice sociale, au service de la protection  de la dignité des citoyens marocains et que tout citoyen soit protégé contre les  mensonges, les contre vérités et les propagandes que subissent beaucoup de nos citoyens.
  • Que le Roi ouvre une large discussions a travers tout le Maroc pour faire lumières sur tous les incohérences et les défaillances  des instances et de l’administration dont le peuple soufre. La participation de la société civile est le meilleur moyen de garantir un tel succès.  
  • Agissons tous et en particulier Le Roi pour faire barrages aux ennemis de la nation et rompons avec le système administratif et économique responsable de ces défaillances, qui a ruiné ce pays et qui pousse le Maroc vers l’inconnu.

Le Maroc appartient à tous les Marocains, chaque citoyen a le droit d’exprimer son opinion, de défendre l’intégrité du Maroc, a le droit de vivre dans la dignité, d’être protégé par le pouvoir et par la justice. Arrêtez d’exclure une partie de ce Maroc qui lui est très cher et la jeter vers une autre terre qui n’existe pas. Arrêtez de considérer cette population comme étant étrangère à son pays. Vous ne faites qu’aggraver et empirer la situation. N’oublions pas que nous avons tous et toujours rendez vous avec l’histoire, et que  notre responsabilités marqueraient notre avenir et notre destin.

La volonté et le bon sens ne laisseront jamais la place à la fatalité.

Vive le Maroc du nord au sud, de l’ouest a l’est, vive l’unité Marocaine, vive la liberté  et Mort aux ennemis  de la nation.

 

M Belkadi Omar.

Professeur.

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